Compte rendu de la conférence « Animal Learning » à Paignton Zoo

La punition est-elle efficace ?

La réponse des cavaliers et les problèmes rencontrés dans le monde équestre.

Emma Creighton et Jo Hockenhull

Le conditionnement opérant pour être efficace doit être précis dans le temps (pairing). Dans le milieu équestre à l’origine on utilisait le renforcement négatif. Par exemple on exerce une pression sur la bouche, quand l’animal tourne, ça cesse. On utilisait également le renforcement positif (quand l’animal fait bien caresses, etc.).

Maintenant on cherche à utiliser le renforcement positif à la place du renforcement négatif. En copiant l’entraînement des mammifères marins, certains ont mis en place le clicker training mais cela reste très difficile à introduire dans ce milieu.

Dans l’idée de punition il entre en jeu un stimulus aversif pour décourager le comportement qu’on ne veut pas mais ça n’est efficace que quand le timing est parfait. Le problème du renforcement négatif c’est que l’animal est frustré, il essai d’échapper à la douleur. Chez certains chiens le renforcement négatif mène souvent à de l’agressivité de la part de l’animal. On retrouve la même chose chez les chevaux.

Est-ce que le fait que l’entraîneur utilise le renforcement positif ou négatif a un effet sur le comportement du cheval ?

Pour le savoir ils ont réalisé une étude sur internet, adressée aux cavaliers pour connaître les problèmes qu’ils rencontrent avec leurs chevaux. On leur demandait les 15 derniers problèmes rencontrés avec leurs chevaux durant la dernière semaine. Ensuite on leur donnait différents scénarios et on leur demandait comment ils auraient réagit dans ces situations.

Ensuite on a codé les réponses pour les analyser :

-Appétitive

-Aversive

-Neutre

-Réponse inutilisable

Résultats :

-Quand le cheval obéit bien, en général il reçoit une réponse positive ou neutre. On remarque qu’il y a moins de problèmes chez les chevaux récompensés positivement.

-Quand le cheval répond mal, il reçoit généralement une punition. On voit que la punition n’a aucun effet sur la diminution du problème.

Si on corrèle tout ça, on voit qu’il y a moins de problèmes chez les cavaliers qui utilisent le renforcement positif ou appétitif.

Autre remarque : certaines fois les cavaliers donnent un renforcement positif au cheval sans s’en rendre compte après une mauvaise réponse et ça ne semble pas avoir d’influence négative par la suite.

Y a-t-il un aspect émotionnel qui entre en jeu dans l’apprentissage ?

Certaines réponses sont « Je l’ai caressé pour le rassurer, pour le calmer ».

Première hypothèse : L’émotion du cavalier vers son cheval semble plus importante que la réponse appropriée ou pas au comportement.

Autre hypothèse : les cavaliers efficaces ne s’occupent pas que du comportement mais aussi de façonner la motivation de l’animal.

Les données suggèrent que les cavaliers « gentils » sont plus efficaces que les cavaliers donnant des réponses aversives.

www.chester.ac.uk/ccst/au

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